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Quand la fatigue chronique pèse plus lourd que les épaules

Quand la fatigue chronique pèse plus lourd que les épaules

Sandrine Rémy
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Je me souviens de cette sensation d’être une pile qu’on aurait trop chargée. Pas le genre de fatigue qui part après une bonne nuit de sommeil, non. Celle qui s’installe comme une ombre, même quand on a enfin posé la tête sur l’oreiller. Les matins où on se réveille en se demandant comment on va tenir la journée. Les soirs où les tâches s’accumulent et qu’on se sent seule à porter le poids de tout.

Et puis il y a ces douleurs qui traînent, comme des braises sous la cendre. Pas une coupure qui guérit, pas un mal de tête qui passe avec un cachet. Non, quelque chose de plus tenace, qui s’infiltre dans les muscles, dans les articulations, comme si le corps avait oublié comment se détendre. Parfois, c’est une irritation qui monte sans raison, une impatience qui grignote les nerfs. On se surprend à répondre plus sèchement qu’on ne le voudrait, à ruminer des choses qui n’en valent pas la peine.

Je connais ça. Pas par ouï-dire, mais parce que j’ai marché dans ces pas-là. Des années où tout semblait trop lourd, où même les petites choses devenaient des montagnes. Et puis un jour, j’ai compris que mon corps ne demandait pas qu’on lui parle en termes de médicaments ou de repos forcé. Il réclamait autre chose : une attention différente, un espace où il pourrait enfin lâcher prise.

C’est pour ça que j’accompagne aujourd’hui. Pas pour effacer la douleur en un claquement de doigts, mais pour offrir un moment où quelqu’un écoute ce que le corps murmure depuis si longtemps. Un temps où l’on peut déposer ce qui pèse, sans avoir à justifier, sans avoir à faire semblant d’aller bien. Parce que parfois, la première étape pour se sentir mieux, c’est de se sentir entendue.

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